Jargon dentaire : faut-il vulgariser pour le patient ?

Un patient qui a le sentiment d’être bien informé est un patient confiant. Pour l’aider à se sentir maître de sa santé, il est fondamental qu’il comprenne ce qui se passe dans sa bouche et sur le fauteuil !

 On le sait : l’adhérence à un plan de traitement d’un patient dépend avant tout des informations qu’il reçoit. Elles doivent être complètes mais également parfaitement claires. C’est pour cela que tout en tâchant de rester précis, il est important de limiter au maximum (voire de bannir) l’utilisation d’un jargon technique incompréhensible pour le commun des mortels et préférer une méthode de communication simple et, dès que c’est possible, visuelle.

 

Un patient averti en vaut deux. Voici un poncif adapté aux professionnels de santé qui n’est pas dénué de sens. La dentisterie moderne, comme la médecine en général d’ailleurs, impose à ses praticiens de donner un grand nombre d’informations au patient afin de recueillir son consentement éclairé.

Disposant de toutes les informations concernant sa santé bucco-dentaire, un patient comprend mieux le plan de traitement qui lui est proposé et est donc naturellement plus enclin à y adhérer. Un patient qui connaît la différence entre un bridge et un implant, les conséquences de l’un et de l’autre à court et long termes sur sa santé et sur son budget, se sentira maître de sa décision et se donnera davantage les moyens pour que le traitement ait les effets escomptés.

Distiller les informations méthodiquement

Reste qu’il ne faut pas noyer le patient profane sous une masse de détails trop techniques. Soumises à un flot d’informations inintelligibles, nombre de personnes décrochent sans oser exprimer leur incompréhension. Elles sont submergées par un sentiment de honte de ne pas savoir ou craignent de vous faire perdre du temps en vous demandant de répéter ou de reformuler. Il convient donc de distiller les informations de manière méthodique, pédagogique et d’utiliser des termes simples et compréhensibles. Quitte à plus tard entrer dans les détails plus techniques si le patient est demandeur. 

Adapter le niveau de langage à son interlocuteur

La connaissance du langage dentaire est très différente d’un patient à l’autre : elle varie notamment en fonction de la catégorie socio-professionnelle mais aussi de la fréquence des visites chez le dentiste et des expériences antérieures.

Première étape donc pour le praticien : cerner le type de patient qui se trouve en face de lui afin d’utiliser les termes adaptés à sa capacité de compréhension. Même si le patient dispose d’un niveau de compréhension élevé, il est fondamental de garder à l’esprit qu’une consultation se déroule entre deux personnes inégales sur le plan des connaissances.

Éviter les mots trop complexes ou effrayants

Dans son ouvrage Relation humaine et communication au cabinet dentaire, le docteur Jacques Charon propose notamment de bannir quelques termes qui peuvent apparaître comme effrayants pour un profane : « Expliquez que vous allez lever un lambeau peut être perçu comme ‘’nous allons mettre votre gencive en lambeau’’. Une amputation radiculaire peut être perçue comme la suppression mutilante d’un membre », explique-t-il par exemple.

Outre ces mots qui sont connotés négativement dans le langage courant, il convient d’éviter les termes trop complexes. Le mot « gonflement » pourra par exemple remplacer celui d’« inflammation ». Le mot « aggravé » permettra d’éviter d’employer le terme « exacerbé ». En l’absence de synonyme, on peut songer à décomposer les termes complexes de manière pédagogique.

Expliquer les causes et le traitement en détail par l’image

Un individu retient 10% de ce qu’il entend, 20% de ce qu’il lit et 80% de ce qu’il voit. Les supports de communication visuels sont donc particulièrement efficaces pour partager une information complexe.