L’odyssée de l’Intelligence artificielle

l’Intelligence artificielle (IA) est la grande perspective de demain, l’innovation qui fait frémir les marchés, avec des milliards...

Est-ce qu’un ordinateur pourrait penser comme un être humain ? C’est la grande question qu’un pionnier dans le domaine de l’informatique et mathématicien hors pair, s’est un jour posée peu après la Seconde Guerre mondiale en ayant d’abord révolutionné le domaine du code secret militaire. Le Britannique Alan Turing, dont la vie a été popularisée récemment dans un film à succès (The Imitation Game), est l’un des grands pionniers de l’IA et à la base d’un tout nouveau rapport aux technologies.

Il aura d’ailleurs donné son nom à un prix qui récompense quelqu’un dans le domaine de l’innovation informatique et également au « test de Turing », qui permet de vérifier qu’une machine répond aussi bien que le ferait un humain.

De fait, voilà comment nous pourrions définir  l’Intelligence artificielle : « des machines capables de simuler l’intelligence humaine » comme l’écrit l’encyclopédie Larousse, un ensemble de capacités techniques et théoriques qui permettrait à la machine de nous remplacer dans de nombreux domaines parce qu’elle fait aussi bien que nous, sinon mieux.

Dans le monde du travail où les tâches sont parfois très délicates, exigeant une forme exceptionnelle de réflexion ou de concentration, une minutie d’orfèvre, l’IA est une aubaine. Elle permet à la fois de gagner du temps, puisque l’ordinateur est autonome, mais aussi parfois d’éviter l’erreur humaine qui peut, à certains moments, s’avérer particulièrement tragique.

Meilleure qu’un champion d’échec

Si les premières pistes sur l’IA émergent peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, elles commencent à prendre leur envol à partir des années 1980. À cette époque, les ordinateurs se mettent à suivre des protocoles précis à partir de l’analyse des données récoltées. En parallèle, se développent les algorithmes, c’est-à-dire une suite de codes qui permettent à une technologie de trouver toute seule un résultat, augmentant la capacité de calcul et donc de nouvelles innovations à la clef.

En mai 1997, avec une certaine stupeur le monde entier découvre que l’ordinateur « Deep Blue », construit par IBM, a réussi à battre l’un des plus grands joueurs d’échec de son temps, le russe Garry Kasparov - après une première défaite tout de même. L’IA est vu alors comme une option très crédible et sérieuse tandis qu’Internet se déploie à peu près au même moment et nous projette dans la révolution numérique, l’ère du digital et du 2.0.

Avec l’accumulation des données, des processeurs de plus en plus performants, l’IA est en train de devenir le grand cheval de course sur lequel misent les géants du numérique.

En 2016, un certain nombre d’entre eux, comme Google, ont par exemple dépensé entre 20 et 30 milliards d’euros dans le secteur, dont 90% dans la recherche et développement. 

Cette année 2021, le total du marché de l’IA devrait croître de 15,2%, pour atteindre environ 342 milliards de dollars selon International Data Corporation.

Il y a seulement quelques jours, l’OTAN a décidé de mettre 1 milliard d’euros sur la table dans le domaine de la cyberdéfense où l’IA est très présente. De son côté, en France, le président Emmanuel Macron vient d’annoncer 400 millions d’euros d’investissement pour la fabrication de robots qui intègrent l’IA.  

Augmenter l’espérance de vie 

Si les chiffres peuvent donner le vertige, ils permettent de se faire une idée du monde de demain qui ne se fera pas sans la présence de l’IA dans de très nombreux secteurs, que ce soit celui de la sécurité, de l’alimentaire ou encore de la santé.

Ce dernier est d’ailleurs l’un des plus concernés, avec cet espoir que toute avancée pourrait permettre une meilleure prise en charge des patients, en détectant mieux un soin à faire et augmentant par ricochet notre espérance de vie.

En 2014, Google a par exemple racheté l’entreprise DeepMind qui développe une Intelligence artificielle dans le domaine de la mémoire, permettant aux ordinateurs de produire des résultats à partir du stockage de souvenirs et d’événements passés. Grâce à cette technologie, ils ont pu tester une application pour aider les médecins à surveiller les patients souffrant de problèmes aux reins dans trois hôpitaux de Londres en 2016. 

De son côté, le tonitruant Elon Musk, à la tête de Tesla, fait des recherches dans le domaine des implants cérébraux avec son entreprise Neuralink, exposant récemment le cas d’un singe sur lequel l’entreprise a greffé une puce et qui s’est avéré capable de jouer sur un ordinateur seulement par la pensée. Neuralink espère développer cet implant pour soigner des maladies mentales ou aider des personnes physiquement handicapées.

Dans le domaine de la radiologie par exemple, une étude menée par l’Université de Stanford a montré qu’un algorithme pouvait détecter une pneumonie et parfois le faisait même mieux que les radiologues eux-mêmes ! Dans le secteur du dentaire, l’IA est aussi de plus en plus présente. Certains chercheurs espèrent qu’elle puisse bientôt repérer très vite une carie grâce à l’imagerie médicale et même peut-être prévenir des malpositions dentaires. La société stoimplant pose déjà des implants dentaires grâce à l’IA. 


Ce qui vient renforcer l’idée que l’IA peut servir la médecine